Un jour, votre enfant lèvera peut-être les yeux vers vous et vous posera une question toute simple :

« Pourquoi tout le monde porte-t-il une fleur rouge? »

Peut-être remarquera-t-il le coquelicot épinglé à votre manteau. Peut-être se demandera-t-il pourquoi des gens se rassemblent autour d’un cénotaphe par un froid matin de novembre. Ou peut-être sera-t-il à vos côtés, à 11 h, lorsque tout le monde observera soudainement le silence.

Pour un enfant, le jour du Souvenir commence souvent par ces petites observations.

Un coquelicot. Un moment de silence. La photo d’une personne en uniforme. Un nom gravé sur un monument commémoratif.

Puis, un jour, une question :

« Pourquoi se souvient-on? »

Comme parents, cette question nous offre l’occasion de transmettre quelque chose d’important d’une génération à l’autre. Pas seulement l’histoire du jour du Souvenir, mais aussi les valeurs qu’il représente : la mémoire, le service, le courage, le sacrifice, la gratitude et l’espoir d’un monde en paix.

Car chaque génération apprend à se souvenir grâce à celle qui l’a précédée.

Quand le jour du Souvenir prend un nouveau sens pour les parents

Devenir parent change notre façon de voir le passé. Soudainement, nous pensons beaucoup plus à l’avenir. Nous nous demandons dans quel monde nos enfants grandiront.

Ce qu’ils apprendront.

Les valeurs qu’ils adopteront.

Les traditions familiales qu’ils perpétueront.

Et les histoires que nous voudrons leur transmettre.

C’est pourquoi le jour du Souvenir peut prendre un tout autre sens lorsqu’on élève un enfant. Le coquelicot que vous portez depuis des années suscitera peut-être soudainement des questions. Les deux minutes de silence deviendront un moment vécu ensemble. Une vieille photo d’un arrière-grand-parent pourra donner naissance à une histoire de famille. Et une cérémonie à laquelle vous assistiez enfant deviendra peut-être une tradition que vous partagerez avec votre propre enfant. C’est ainsi que le souvenir perdure.

Une génération transmet à la suivante.

Pourquoi le Canada se souvient-il le 11 novembre?

Il n’est pas nécessaire de donner une leçon d’histoire complète à un jeune enfant pour lui expliquer le jour du Souvenir.

Vous pouvez commencer simplement.

« Aujourd’hui, nous nous souvenons des personnes qui ont servi notre pays et nous pensons aux sacrifices qu’elles et leurs familles ont faits. »

À mesure que les enfants grandissent, nous pouvons leur en raconter davantage.

Le 11 novembre revêt une signification particulière, car les combats de la Première Guerre mondiale ont pris fin grâce à un armistice entré en vigueur à 11 h, le 11 novembre 1918, soit à la onzième heure du onzième jour du onzième mois.

Voilà pourquoi, plus d’un siècle plus tard, les Canadiens s’arrêtent encore à 11 h pour se recueillir. Lors de la Cérémonie nationale du jour du Souvenir, la sonnerie aux morts est suivie de deux minutes de silence. Partout au Canada, ce moment de recueillement est observé dans les écoles, les milieux de travail, les cérémonies communautaires et les foyers.

Pour un jeune enfant, deux minutes peuvent sembler étonnamment longues. Il peut bouger les pieds, regarder autour de lui ou ne pas tout comprendre. Et c’est tout à fait normal.

Comprendre l’importance du souvenir ne se fait pas en un jour. Cette compréhension grandit avec l’enfant.

« Pourquoi portes-tu cette fleur rouge? »

Pour de nombreux enfants canadiens, le coquelicot est leur premier symbole du jour du Souvenir. Et son histoire possède un lien remarquable avec le Canada.

Pendant la Première Guerre mondiale, des coquelicots rouges poussaient dans des régions de France et de Belgique dévastées par les combats.

En 1915, le médecin canadien et officier d’artillerie, le lieutenant-colonel John McCrae, a évoqué ces fleurs dans son poème In Flanders Fields (Au champ d’honneur). Le coquelicot est ensuite devenu un symbole international du souvenir et a été adopté au Canada en 1921. Mais votre enfant n’a pas besoin de connaître toute cette histoire la première fois qu’il remarque la fleur sur votre manteau.

Vous pourriez simplement lui dire :

« Nous portons un coquelicot pour nous souvenir des personnes qui ont servi notre pays et fait des sacrifices. »

Puis, lorsqu’il sera plus grand, racontez-lui davantage. Parlez-lui de McCrae. Lisez ensemble Au champ d’honneur. Expliquez pourquoi le coquelicot est devenu un symbole. Montrez-lui qu’une toute petite fleur peut raconter une très grande histoire.

 

Comment expliquer le jour du Souvenir à un enfant?

Il n’existe pas d’explication parfaite, car les enfants comprennent les sujets difficiles différemment selon leur âge. Avec les tout-petits, commencez par des notions qu’ils connaissent déjà. Se souvenir. Aider. Le courage. La gratitude. La paix.

Vous pourriez dire :

« Aujourd’hui, les Canadiens se souviennent des personnes qui ont servi notre pays. Certaines ont dû quitter leur famille pendant longtemps, et d’autres ont été blessées ou ont perdu la vie. Nous gardons le silence quelques instants pour montrer que nous ne les oublions pas. »

Vous n’avez pas besoin d’aborder tous les détails difficiles en même temps. Laissez-vous guider par les questions de votre enfant.

S’il pose des questions sur le coquelicot, parlez-lui du coquelicot.

S’il demande pourquoi tout le monde se tait, expliquez-lui le silence.

S’il remarque des médailles sur le manteau d’un ancien combattant, expliquez-lui que cette personne a servi son pays.

S’il demande ce qu’est la guerre, répondez honnêtement avec des mots adaptés à son âge.

À mesure que les enfants grandissent, les conversations peuvent devenir plus approfondies. Ils peuvent découvrir l’histoire militaire du Canada et celle des personnes de leur communauté. Ils peuvent apprendre que le service et les sacrifices se sont poursuivis au fil des guerres, des conflits, des opérations de paix et des générations. Ils peuvent aussi commencer à comprendre que le souvenir ne consiste pas à glorifier la guerre.

Il s’agit plutôt d’honorer les personnes et de reconnaître les conséquences de la guerre et du service militaire sur les individus, les familles et les communautés.

Découvrez les personnes derrière l’histoire

Les dates sont importantes. Mais ce sont les personnes qui donnent vie à l’histoire.

Si le service militaire fait partie de votre histoire familiale, le jour du Souvenir peut être l’occasion de faire découvrir à votre enfant une personne qu’il n’a peut-être jamais eu la chance de rencontrer. Sortez une photo. Prononcez son nom. Demandez aux grands-parents ce dont ils se souviennent. Regardez les médailles ou les lettres que votre famille a conservées. Parlez de la personne qu’elle était au-delà de son uniforme.

Où a-t-elle grandi? Que faisait-elle avant de servir? Qu’aimait-elle? Que s’est-il passé à son retour? Quelles histoires racontait-elle, ou avait-elle peut-être du mal à raconter?

Si votre famille n’a aucun lien avec le milieu militaire, le devoir de mémoire vous concerne tout autant. Regardez les noms inscrits sur le cénotaphe de votre communauté. Choisissez-en un et découvrez son histoire. Visitez un musée. Lisez ensemble le récit d’un ancien combattant canadien. Car il n’est pas nécessaire d’avoir un ancien combattant dans sa famille pour enseigner à son enfant pourquoi le Canada se souvient.

Se souvenir de tous les Canadiens qui ont servi

À mesure que les enfants grandissent, nous pouvons aussi les aider à découvrir que l’histoire militaire du Canada est composée de nombreux récits. Des personnes issues de communautés de partout au pays et de divers horizons ont servi le Canada, notamment plusieurs générations de membres des Premières Nations, d’Inuits et de Métis.

Anciens Combattants Canada souligne la longue tradition de service militaire autochtone et estime que plus de 12 000 membres des Premières Nations, Métis et Inuits ont servi lors des grands conflits du XXe siècle.

Leur histoire comprend aussi des injustices. Certains anciens combattants autochtones ont rencontré des obstacles pour s’enrôler et ont subi un traitement inégal à leur retour. Au Canada, le 8 novembre est la Journée des vétérans autochtones, une occasion particulière de reconnaître le service et les sacrifices des anciens combattants des Premières Nations, inuits et métis.

Les enfants n’ont pas besoin de comprendre tous ces aspects en même temps. Mais en grandissant, leur compréhension du souvenir peut aussi évoluer. Ils découvriront que l’histoire canadienne est marquée par le courage et les sacrifices, mais aussi par des récits qui méritent d’être mieux compris.

Bien se souvenir, c’est aussi être prêt à découvrir ces histoires.

Participez ensemble à une cérémonie du Souvenir

Le 11 novembre, les communautés de partout au Canada se rassemblent.

Cette année, pourquoi ne pas y emmener votre enfant? Habillez-le chaudement pour cette journée de novembre. Épinglez un coquelicot à son manteau. Marchez ensemble jusqu’au cénotaphe de votre quartier ou à une cérémonie du jour du Souvenir. Laissez-le observer les couronnes de fleurs, entendre la sonnerie aux morts, remarquer les anciens combattants et les militaires en service. Lisez quelques noms. Recueillez-vous ensemble pendant le silence.

Vous n’avez pas besoin de lui expliquer chaque instant de la cérémonie à voix basse. Parfois, les enfants apprennent simplement en étant présents. Et un jour, ils se souviendront peut-être d’avoir été à vos côtés.

Demandez aux grands-parents de raconter leurs souvenirs du 11 novembre

Le souvenir peut aussi rapprocher les générations d’une autre façon. Demandez aux grands-parents ou aux membres plus âgés de votre famille comment se déroulait le 11 novembre lorsqu’ils étaient enfants.

Leur école organisait-elle une cérémonie? Un membre de leur famille avait-il servi dans l’armée? Y avait-il une photo particulière à la maison? Leurs parents leur racontaient-ils des histoires? Que représentait le jour du Souvenir pour leur famille? Vous pourriez découvrir des récits que vos enfants n’ont jamais entendus.

Vous pourriez même découvrir des histoires que vous n’avez jamais entendues. Notez-les. Conservez les photos. Enregistrez une conversation si votre proche est à l’aise avec cette idée. Car les histoires familiales peuvent disparaître étonnamment vite lorsque personne ne prend le temps de poser des questions.

Parfois, préserver la mémoire commence simplement par une conversation autour de la table de cuisine.

Que transmettons-nous vraiment à nos enfants?

Nous transmettons certaines traditions à nos enfants parce qu’elles nous apportent de la joie.

Les gâteaux d’anniversaire. Les recettes des Fêtes. Les chansons préférées. Les célébrations familiales. Et il y a d’autres traditions que nous transmettons parce qu’il est important de se souvenir.

Le jour du Souvenir en fait partie.

Nous n’apprenons pas simplement à nos enfants à porter un coquelicot. Nous leur apprenons à s’intéresser aux histoires de ceux qui les ont précédés. Nous leur transmettons la gratitude. Nous leur montrons que servir peut exiger des sacrifices. Nous leur enseignons que l’histoire a été vécue par de vraies personnes et de vraies familles. Et surtout, nous les aidons à comprendre pourquoi la paix est si précieuse.

Penser à la prochaine génération

Pendant la grossesse, les futurs parents passent beaucoup de temps à imaginer une petite personne qu’ils n’ont pas encore rencontrée. Nous nous demandons à quoi elle ressemblera. Qui elle deviendra. Ce qu’elle aimera. Et dans quel monde elle grandira.

Après sa naissance, ces espoirs ne font que grandir.

Nous souhaitons que nos enfants apprennent. Qu’ils rient. Qu’ils nouent des amitiés. Qu’ils découvrent qui ils sont. Qu’ils aiment. Qu’ils fondent un jour leur propre famille et construisent leur avenir.

C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles le jour du Souvenir prend un sens différent lorsque nous devenons responsables de la prochaine génération. Nous ne regardons pas seulement les sacrifices du passé. Nous pensons aussi à l’avenir, à la liberté et à la paix que nous souhaitons à nos enfants pour bâtir leur propre vie.

Un jour, ce sera à leur tour de se souvenir

Un jour, l’enfant qui vous tient la main sera peut-être lui-même parent. Par un froid matin de novembre, il se tiendra peut-être aux côtés de son tout-petit. Et une petite voix lui demandera :

« Pourquoi tout le monde porte-t-il cette fleur rouge? »

Et peut-être que votre enfant se penchera pour lui expliquer la signification du coquelicot. Il lui racontera pourquoi le Canada observe le silence à 11 h. Peut-être partagera-t-il l’histoire d’un membre de votre famille. Peut-être se souviendra-t-il de ces moments passés à vos côtés, devant un cénotaphe, lorsqu’il était petit.

Et le souvenir continuera de vivre, comme il l’a toujours fait. D’une génération à l’autre.

Chez UC Baby, nous accompagnons les familles canadiennes depuis plus de 23 ans et avons eu le privilège de servir plus de 600 000 mamans. Chaque jour, nous côtoyons des familles qui regardent vers l’avenir et imaginent toutes les belles possibilités qui attendent les enfants qu’elles ont si hâte de rencontrer.

En ce jour du Souvenir, nous nous joignons aux Canadiens de partout au pays pour nous tourner vers le passé.

Aux anciens combattants et aux militaires en service du Canada, à ceux et celles qui ont fait le sacrifice ultime, ainsi qu’aux familles et aux communautés dont la vie a été marquée par le service militaire :

Nous nous souvenons.

Et puissions-nous continuer à enseigner aux générations futures pourquoi il est si important de se souvenir.

N’oublions jamais.